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TEST · REVIEW · CRITIQUECONSOLE SUPER NINTENDO (16-bit)


Qui est-ce qu'on appelle quand les vies manquent et le game over nous guette ? Les pompiers bien sûr.

The Firemen

The Firemen

ザ・ファイヤーメン
 

 Super Nintendo

Développeur:
Human

Editeur:
Human
Genre:
Action

Joueurs:
1P

Dates de sortie
09.09.1994 Japon
04.1995 Europe
dur Difficulté:

90%Graphismes
93%Animation
90%Son
88%Jouabilité
80%Durée de vie

88%88%

On connaît Human Entertainment surtout pour leurs exploits sportifs; on leur doit quelques-uns des meilleurs jeux du genre sur Coregrafx. Sur Super Nintendo, ils se firent remarquer en étant les premiers à publier un jeu de football, le mémorable Super Soccer avec sa vue immersive, ainsi qu'en réalisant l'un des meilleurs jeux de course de la console, la série des F1 Pole Position. On connaît moins leurs exploits héroïques, pourtant, ils existèrent comme en témoigne The Firemen où, au lieu de mettre le feu au stade, il l'éteignait.

Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion d'incarner un pompier dans un jeu vidéo. On aurait pu croire qu'avec la 3D et l'engouement pour la reality TV les consoles seraient aussi tombées sous le coup de la mode, mais ce ne fut pas le cas et c'est bien à l'époque des 16-bit que l'on trouve sa première simulation de pompier, même si "simulation" est un terme un peu fort, qui équivaut à appeler Harvest Moon une simulation d'agriculture et d'élevage. Le style de The Firemen rappelle d'ailleurs furieusement celui des jeux Natsume, avec ses personnages en fausse 3D mignonne, comme seuls les Japonais réussissent à la modeler, et un environnement futuriste dont les auteurs de Wild Guns sont également friands.

Arrêtons là les comparaisons car The Firemen ressemble décidément à bien peu de jeux. Son intro textuelle ne se contente pas de planter le décor, elle esquisse les personnages. Et surprise, celui que vous contrôlez n'est pas un bellâtre qui pourrait poser pour une pub de déodorant, mais Pete, un pompier moustachu plus très jeune. Un homme mûr, ça alors ! On n'avait pas vu ça depuis Super Mario ! Durant toute l'aventure, il est accompagné d'un blondinet armé d'une hache, Daniel. Non, il ne s'agit pas d'un psychopathe qui veut votre tête, mais de votre assistant dont la tâche est d'abattre les foyers d'incendie. Eh oui, il va falloir s'habituer à se débarrasser de ses préjugés de gamer avec The Firemen.

L'histoire, pour une fois, occupe une place prépondérante dans ce jeu d'action pourtant très court. A 18 heures, la veille de Noël, un incendie s'est déclaré dans une usine de produits chimiques New-Yorkaise; le feu a pris de telles proportions qu'un plan a dû être élaboré pour l'arrêter. L'équipe de Pete doit tout d'abord s'assurer qu'un produit chimique hautement explosif, le MDL, demeure hors de portée des flammes, puis amener celui-ci sur le toit de l'immeuble afin de faire exploser le réservoir d'eu qui s'y trouve. Dans un film Hollywoodien ce serait un scénario grotesque, ici, on trouve ça franchement captivant.

Et c'est avec une joie à peine contenue qu'on prend son baptême du feu, sautant avec plaisir dans ces flammes toutes chaudes comme s'il s'agissait de duvet. Ouch, ca brûle ! Tu ne m'aimes pas, eh bien moi non plus, alors je t'arrose et te fait disparaître. On savait que ça marchait sur les zombis, grâce à Human on sait maintenant que ça marche aussi sur le feu. Y permet d'utiliser la lance à pression maximale, tandis que B sert juste à asperger pour éteindre ces petites flammèches, là, sous vos pieds, qui vous empêchent de passer (la façon dont elles se propagent et dont on les éteint rappelle d'ailleurs la mauvaise herbe qu'on coupe à la tondeuse dans Zombies).

L et R vous permettent d'exercer un contrôle sur votre lance pour éviter qu'elle parte dans tous les sens quand vous vous retournez. On casse des vitres quand ça arrive, c'est rigolo, mais un pompier ne peut se permettre de faire des choses rigolotes quand il risque sa vie à combattre le feu; alors on presse L ou R. Les boutons sont bien utilisés puisque A et X ont aussi une fonction, respectivement ramper sous certains obstacles et jeter une bombe coupe-feu. A peine avez-vous franchi la porte du building de la Metrotech Chemical Company que votre radio grésille; vos coéquipiers, tels des parents inquiets, viennent s'enquérir de votre état. Tout au long du jeu vous serez ainsi guidé par l'équipe de votre district, plus étroitement encore que Jill et Snake le sont dans Resident Evil et Metal Gear.

Et ce n'est pas tout, Pete et Danny prennent aussi la parole, exprimant leurs inquiétudes et leur surprise face aux imprévus divers qui viennent secouer le déroulement du jeu, en sorte que l'on a l'impression d'être à la fois la vedette et le spectateur d'un film à suspense d'une heure. C'est à peu près le temps qu'il faut pour finir le jeu, car, même s'ils ont choisi d'attribuer des continus limités et pas de vies, Human a eu le bon goût de ne jamais rompre la continuité de l'action; quand sa barre d'énergie tombe à zéro et que Pete s'effondre, une pression sur Start le ranime à l'endroit même où il a perdu conscience, y compris durant les affrontements avec les boss.

Des boss, en effet, il y en a. On se dit que Human a finalement transigé en assouplissant son concept original d'une convention du jeu d'action, mais ce n'est pas le cas, puisque les boss, comme les "ennemis", affichent eux aussi la logique du jeu: des feux plus virulents qui s'agitent avec fureur et des robots livrés aux flammes, devenus incontrôlables. Il n'y a pas de véritable ennemi, seulement un élément indomptable et des machines qui n'obéissent plus. Même la technologie avancée trouve son explication dans l'histoire qui se déroule en 2010, soit quinze ans dans le futur au moment où le jeu est sorti. Elle permet également de justifier les montres à écran vidéo et le système d'extincteur dont est équipé le protagoniste, un pack dorsal auquel la lance est attachée; pas besoin de s'encombrer d'un camion !

Ces petits détails révélateurs qui permettent de juger de la consistance du jeu sont légion, on sent bien que les auteurs aimaient leur principe et ont travaillé dur pour lui offrir un emballage digne de ce nom. L'opération est amplement réussie et la réalisation, aux petits oignons, est un modèle du genre, un vrai travail d'orphèvre. Les sens en éveil, on écoute et on observe: là où le feu brûle, les surfaces sont clairement détruites, parfois en temps réel (3ème étage, le parcours des flammes sur le tapis); les explosions sont retentissantes et le fameux backdraft, produit par un appel d'air, donne lieu à quelques scènes impressionnantes où le choc vous jette à terre et les vitres volent en éclats; l'immeuble même est remarquablement bien construit et organisé, ce n'est pas juste une agglomération de salles répétitives et illogiques, si on n'était pas là pour le sauver, on pourrait y travailler.

Pourquoi alors, avec des qualités probantes, personne ne semble vraiment brûler d'un désir ardent pour ce jeu rétro ? La réponse est que The Firemen est un jeu à la difficulté mal balancée et pas assez varié. Si le second était prévisible, on regrette le premier qui aurait pu être évité, quoiqu'on ne sait trop qui est à blâmer au juste. Le mode facile trop facile, le mode difficile trop dur ? Le manque de continus, seulement trois ? L'intensité de l'action par moments ? Ou le temps limite qui nous oblige à se presser tant et si bien qu'on fonce tête la première dans des situations qui exigent du jugement ? D'autant que ce temps, dont la présence est assez logique, est en revanche illogique quand il vient à manquer: on ne meurt pas immédiatement, mais nos vies s'abaissent au minimum, comme si les concepteurs, à la recherche du crime parfait, essayaient de faire passer notre mort pour un suicide.

En mode normal, la clef du succès consiste à ne manquer aucune victime, car elles seules vous permettent de regénérer toute votre énergie, et à bien connaître les faiblesses des boss qui, à défaut de combustible, consument vos vies. Mais même avec ses atouts en main, la tâche ne sera pas aisée tant l'action peut devenir frénétique. On ne sait plus où donner de la tête, des éléments du décor s'effondrent, le sol disparaît sous vos pieds, des déflagrations vous font culbuter, les robots valsent, et les flammes arrivent de tous les côtés, comme des vaisseaux dans un shoot'em up. Des flammes, il y en a toutes sortes, là encore d'une manière qui n'est pas sans rappeler le dit genre: à tête chercheuse, produites en continu par un feu, rampantes, glissantes, ondulantes, explosives, etc. et il faut souvent plus d'un simple jet pour en venir à bout.

Le rôle de Danny est assez curieux, il est dirigé par l'ordinateur et a l'avantage conséquent, lui, d'être immortel. Certains ont de la chance. D'ailleurs, les flammes à tête chercheuse l'ayant bien compris, elles se désintéressent totalement de lui pour vous poursuivre: c'est Pete qu'elles veulent sur le bûcher. En fait, pour continuer le parallèle avec un shoot'em up, votre coéquipier fonctionne simplement comme un bonus protecteur (l'option de Gradius par exemple), il vous défend parfois contre certaines flammes et en détruit d'autres, et pour le même prix il vous offre quelques mises en garde gratis ! Danny, camarade immortel plein de ressource actuellement en promotion à Prisunic. Dommage d'avoir manqué l'opportunité d'un mode deux joueurs.

Une dernière singularité de The Firemen concerne son affichage, la vue offerte est très réduite, de type letterbox, même les côtés sont coupés, plus fort que Resident Evil 4 ! C'est frustrant bien sûr, surtout pour un jeu vu de dessus, on regrette la liberté des A Link to the Past, Ghoul Patrol, Goof Troop et autres. C'est un facteur supplémentaire qui augmente la difficulté, mais c'est peut-être aussi la raison de sa présence, en tous cas le seul auquel on peut penser outre une économie graphique: grâce à ce large cache noir, les feux sont moins facile à anticiper, et vu qu'on les tient en respect grâce à son jet d'eau, sans lui il aurait peut-être été bien trop facile de les neutraliser. Mais cela, bien sûr, n'est qu'une supposition.

The Firemen rate de peu sa place au sein des jeux d'excellence. Ce qu'il lui manque c'est cette étincelle, ce truc magique, ce zip!-badaboom qui nous envoûte, nous le public des joueurs. On le trouve dans la réalisation, brillante, mais pas dans le plaisir de jeu, plus modéré. Le titre de Human se démarque sur de nombreux points, ceux que nous retiendrons sur 1UP sont la finesse des graphismes, le level design, les bruitages faisant un très bon usage des basses et du son stéréo, les rebondissements épisodiques du scénario, beaucoup d'originalité et le souci du détail, vivement apprécié par les vieux routards de la console (on avoue quand même qu'on aurait aimé des explosions plus impressionnantes graphiquement, même si d'un point de vue scénique elles fonctionnent à merveille). The Firemen fait donc très bien les choses, mais échoue à accomplir entièrement son devoir, éteindre le feu qui consumme les joueurs, toujours à la recherche du divertissement le plus captivant.

le 20 mars 2006
par sanjuro



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