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TEST · REVIEW · CRITIQUECONSOLE NEC PC ENGINE / COREGRAFX (8-bit)


Où le but n'est pas d'écraser des clowns.

F1 Circus

F1 Circus

F1サーカス
 

 PC Engine

Développeur:
Nichibutsu

Editeur:
Nichibutsu
Genre:
Course

Joueurs:
1-4P (spectateurs)

Dates de sortie
14.09.1990 Japon
atroce Difficulté:

83%Graphismes
90%Animation
83%Son
78%Jouabilité
82%Durée de vie

68%68%
Trucs et astuces

Pas de clowns. Pas d'acrobates non plus, ni même d'animaux. Aucun chapiteau, mais des gradins, si. C'est un spectacle, mais ce n'est pas le cirque. Sur la piste, qui s'étend à perte de vue, les artistes défilent à toute vitesse engoncés dans leur cockpit d'acier. Alors pourquoi diantre s'appelle-t-il F1 Circus ? Une erreur de traduction des Japonais, peut-être. Ce n'est pas "Circus" qu'ils voulaient dire, c'est "Circuit". Ah ben oui, forcément. Pas très fute-fute quand même pour laisser passer une bourde pareille jusqu'à la chaîne de production, surtout que tous les jeux suivants portent le même titre.

Ou alors, au contraire, c'est volontaire et ce n'est pas de l'anglais, c'est du latin. "Circus" ! Mais oui ! Le cirque de l'antiquité romaine où l'on disputait les courses de chars, brutales et impitoyables. Pour présenter ce jeu à ses amis, on se vêtira donc simplement d'une toge et d'une couronne de lauriers. "Mes amis plébéiens, voici 'FI Circvs', F Unus Circus ! avec un F comme Flavius." Ils vous prendront pour un fou mais au moins ne poseront plus de questions sur ce titre embarrassant.

L'ironie est que, malgré son nom qui n'en finit pas d'interpeller, F1 Circus est un jeu de formule 1 on ne peut plus sérieux et réaliste. C'est d'ailleurs l'une des trois caractéristiques qui s'en détachent. Les deux autres sont la vue de dessus, assez inhabituelle pour de la F1, et sa vitesse cataclysmique. Le scrolling bouge plus vite qu'une tornade et fait presque autant de dégâts, mais surtout sur notre personne. Mais, holà ! n'allons pas trop vite en besogne. Avant de se retrouver sur la piste, il faut passer par plusieurs menus. Voyons voir ce qu'ils contiennent.

Le mode principal est le "World Championship", où l'on dispute une saison entière de formule 1 (WDC). Plus surprenant, on peut choisir le nombre d'années que l'on va passer sur le circuit, jusqu'à seize ! L'équivalent d'une carrière et donc autant de fois le jeu à faire ! Vous vous en doutez, celui-ci possède une sauvegarde, à la fois par mots de passe et par carte mémoire. Un second mode est également présent, il s'agit de "Constructors", où l'on est cette fois à la tête d'une écurie. Celui-là est un peu spécial puisqu'on ne joue pas. On tire sa place au hasard, puis on regarde une course réduite et reçoit des points en fonction des résultats de ses coureurs pour le classement des constructeurs (WCC), comme dans la réalité. C'est le seul mode qui permet de "s'affronter" à plusieurs, mais cela ressemble plutôt à des paris.

Le championnat suit fidèlement la saison de 1990: Phoenix aux Etats-Unis, le Brésil, Saint-Marin, Monaco, le Canada, le Mexique, la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Hongrie, la Belgique, l'Italie, le Portugal, l'Espagne, le Japon et la seizième et dernière course, l'Australie. On y retrouve tous les vrais joueurs et circuits mais avec des noms légèrement altérés à la japonaise pour éviter de s'attirer des problèmes avec la FIA, puisque ce n'est pas un jeu officiel. Le joueur lui incarne un coureur à part, un anonyme qu'il faudra évidemment baptisé.

Dans le jeuDans la réalité
M. ARBOLETO
J. AREZI
G. BELGAR
T. BOOTSUN
A. CAFEI
I. CAPERRI
M. DONERRY
M. GUGHEMIN
S. JOHANSON
N. MANSERR
S. MODEMA
S. NAKACIMA
A. NAMMINI
R. PATTLEZE
N. PICKET
A. PLOST
N. RALINI
A. SEMNA
A. SUSUKI
D. WARMICK
 
TYLLERR
BENETOM
FERRALI
McRaien
WIRRIAMS
LORA
Machi
LOTAS
ONIX
LIJIER
Michele Alboreto
Jean Alesi
Gerhard Berger
Thierry Boutsen
Alex Caffi
Ivan Capelli
Martin Donnelly
Mauricio Gugelmin
Stefan Johansson
Nigel Mansell
Stefano Modena
Satoru Nakajima
Alessandro Nannini
Ricardo Patrese
Nelson Piquet
Alain Prost
Nicola Larini
Ayrton Senna
Aguri Suzuki
Derek Warwick
 
Tyrrell-Ford
Benetton-Ford
Ferrari
McLaren-Honda
Williams-Renault
Lola-Lamborghini
March-Judd
Lotus-Lamborghini
Onyx-Ford
Ligier-Ford


Lorsqu'on est enfin prêt à se lancer dans la compétition, on se rend compte qu'on ne peut pas. Le menu à ce stade propose plusieurs options mais aucune ne semble appropriée. La première, "Course", donne des informations sommaires sur le circuit, longueur et météo notamment, avec également la possibilité d'augmenter le nombre de tours pour en faire autant que dans la réalité. On remarque aussi une lacune déplorable qui sera confirmée par la suite: les tracés des circuits sont complètement absents du jeu ! "Settings", en dessous, permet d'effectuer sept réglages techniques (pneus, suspensions, transmission...). Si on n'a pas l'âme mécanicienne, mieux vaut s'abstenir de tout chambouler.

Reste encore deux options, "Free Run" et "Practice". C'est cette dernière qu'il faut choisir car elle correspond en fait aux qualifications. Vous exécutez trois tours de pistes, le meilleur temps est retenu, et s'il est assez bon vous vous retrouvez avec les autres sur la grille de départ. C'est là que le cauchemar commence. Et il n'attend pas que vous vous endormiez, c'est instantané: dès que la lumière verte est tombée et que vos doigts se mettent à contrôler, vous réalisez que vous ne contrôlez rien et votre voiture s'en va se planter dans un mur. Fausse manoeuvre. Le trac du débutant. Alors on s'y remet, et là, même résultat: mur et re-mur. On bouffe du plâtre comme le tigre Tony ses céréales.

Il faudra beaucoup de patience et d'entraînement avant que les choses commencent finalement à s'améliorer. La voiture est hyper sensible, une jouabilité à fleur de peau, plus encore si vous avez trifouillé sous son capot. C'est malheureusement ce qu'il faut pour prendre ces virages qui surgissent avec violence. Des flèches nous avertissent, mais la vitesse est telle que même quand on les sait venir on a du mal à bien s'y engager. On déborde sur les côtés, on s'écrase dans les barrières, on dérape et part en tête-à-queue. On se prend claque sur claque. Alors, on se plie à la règle générale, celle du réalisme, et on freine gentiment avant chaque virage.

Mais même cela ne suffit pas. Déjà, parce que les voitures rivales n'ont pas de mal à assurer leur stabilité, qu'elles choisissent de ralentir ou non. Ensuite, parce que le moindre dérapage coûte cher. Il y a quatre carrés dans le coin de l'écran, SUS, TIRE, WIN, ENG, qui correspondent à différentes parties de notre véhicule. Elles s'usent très rapidement. Sortir de route ou juste rouler sur le bas-côté les endommagent. Et dès que les suspensions ou les pneus ne sont plus optimum, c'est un cauchemar dans le cauchemar, Inception sur quatre roues: la voiture n'arrive plus à rouler droit, elle est irrésistiblement attirer vers les parois latérales, caprice qu'on s'empresse de satisfaire.

Presque chaque tour finit par demander un arrêt au stand, où tout se déroule automatiquement. Mais si l'impact est trop fort, si l'on se mange le décor, ce qui dans d'autres jeux passerait pour un bug marque ici la disqualification. Les bolides adverses, que l'on prend plaisir à faire sortir de route d'une chiquenaude, se remettent mieux de ce genre de débâcle. Leur remontée n'est jamais bien longue. Ils n'offrent pourtant pas une opposition insurmontable, mais leur ténacité augmente si l'on prend la tête du classement. Et sur la piste, lorsque l'ordinateur souhaite nous distancer, il le fait sans effort. Il faut voir ses temps aux qualifications ! Le premier est presque toujours de 34 secondes, quel que soit le circuit.

Ceux-ci sont assez jolis, compte tenu de la vitesse à laquelle on les voit défiler. La vue de dessus rend le décor très "joujou", genre circuit électrique ou Majorette. Mais formule 1 oblige, il n'y en a que deux variétés: la ville et la campagne, qu'on subit treize fois, avec de subtiles variantes, certes, un pont par-ci, un virage tordu par-là. On ne peut pas compter sur le paysage pour nous distraire, on ne le voit pas ! Le manque de variété finit inévitablement par taper un brin sur les nerfs. Alors Nichibutsu se rattrape avec la musique, en en offrant une différente à chaque circuit, soutenue par de bons effets sonores. Parfois elle a des intonations de shoot'em up, ce qui colle bien avec le rythme du jeu.

Mais c'est l'animation qui l'emporte sur tout. La vitesse du scrolling est monstrueuse, plus rapide qu'une traversée stellaire ou une chute dans le vide. Les rares moments où on arrive à tenir le cap, on en apprécie la fureur, on s'en grise sans contenance. Elle produit des carambolages spectaculaires, avec fumées et étincelles, quoique sans traces ou débris. Les voitures s'entrechoquent comme des billes ou des voitures miniatures dans les mains d'enfants. Mais on se pose quand même une question: dans un jeu qui se veut réaliste, une vitesse pareille est-elle bien raisonnable ? F1 Circus, es-tu simulation ou jeu d'arcade ?

La question semble aussi travailler ses auteurs. Une chose est sûre, ses excès de vitesse le réservent d'emblée aux experts. Il ne pardonne pas les erreurs de conduite, qui coûtent très cher. Réussir à se qualifier n'est déjà pas une promenade de santé, quand bien même on est seul en piste. Il faut avoir des nerfs d'acier et des doigts de velours. Les premiers pour soutenir la vitesse, les seconds pour suivre la route. Si vous possédez ce don, F1 Circus risque bien de vous donner des frissons de plaisir. Dans le cas contraire, vous n'avez plus qu'à partir à la recherche d'une manette équipée d'une fonction ralentie ! Il est suffisamment bien fait pour avoir envie d'insister.

le 28 janvier 2014
par sanjuro



Jeu testé en version japonaise
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Version japonaise



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