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TEST · REVIEW · CRITIQUECONSOLE NINTENDO ENTERTAINMENT SYSTEM (8-bit)


Vieux. Très vieux. 82. Xévieux ! Mais pas dégueu...

Xevious

Xevious

ゼビウス, Xevious: The Avenger (USA)
 

 NES

Développeur:
Namco

Editeur:
Namco / Bandai
Genre:
Shoot'em up

Joueurs:
1-2P (alternés)

Dates de sortie
08.11.1984 Japon
09.1988 USA
1989 Europe
25.10.1989 Suède
très dur Difficulté:

50%Graphismes
60%Animation
29%Son
80%Jouabilité
60%Durée de vie

56%56%
Trucs et astuces

Passer Andor Genesis:

Appuyez sur Start pour mettre le jeu en pause en arrivant au vaisseau mère. En retirant la pause, le scrolling reprend et vous pouvez continuer sans l'avoir détruit... à condition de parvenir à échapper à ses tirs !

Menu caché:

Ce code ne fonctionne que sur Famicom. A l'écran titre, attendez que l'étoile appa­raisse sur le titre et entrez le code suivant : sur la seconde manette, main­tenez enfoncé A ou B, puis appuyez 9 fois sur Droite, 2 fois sur Haut, 2 fois sur Gauche et 9 fois sur Bas, avant la disparition de l'étoile. Il faut aller très vite !

Dès que vous avez réussi, 8 zéros apparaissent en haut à droite. Ce sont des interrupteurs. En vous servant toujours de la seconde manette, activez les 1 en utilisant la croix de direction et A ou B, de la façon suivante :

invincibilité :
10000000

1UP à 50 000 puis 150 000 points :
01110000

mode dur (ennemis plus agressifs) :
00001100

5 vies de départ :
00000011

Pour valider le code entré, vous devez encore faire Reset sur la console.

Et vous pouvez les cumuler. Par exemple, si vous ne mettez que des 1, vous aurez tout à la fois (ce qui est un peu inutile).

Au début, il arriva seul. On l'appelait le Space Invaders. Mais d'autres envahisseurs bientôt le suivirent : Asteroids, Defender, Galaxian et Galaga, Scramble, et puis en 1983*, Xevious. L'un de leurs empereurs sur Terre était Namco, dont la notoriété dans les salles d'arcade était alors à son apogée : Pac-Man en 1980, Galaga en 1981, Pole Position en 1982. Xevious allait-il être leur nouveau hit ? En Occident, il marquerait surtout la fin de leur période de prospérité. Il était temps que ces extra-terrestres rentrent chez eux pour laisser la place à d'autres plus sophistiqués.

* Le copyright date de 1982 mais la borne n'apparaît qu'en janvier de l'année suivante.

Sur la boîte NES, seul le nom de Bandai figure en couverture. On pourrait les en croire l'auteur, mais non, c'est bien Namco qui a réalisé cette conversion de Xevious : en 1984, ils distribuaient eux-mêmes le jeu au Japon sur Famicom. C'était un signe de l'entente à venir, puisque, en 2005, Bandai et Namco ont fusionné pour ne former qu'un, Bandai Namco Entertainment. Coquin de sort !

Ce mystérieux mot « Xevious » désigne en fait nos adversaires. Une bande d'extra-terrestres bien sûr. Les Japonais ont par la suite conçu une histoire fleuve pour accompagner ces broutilles, que je vous épargne. Ces néfastes créatures (les ovnis, pas les Japonais) s'échappent d'un vaisseau mère, Andor Genesis*. Pour les renvoyer ad patres chez leur alma mater, un petit jet blanc répondant au doux nom de Solvalou s'élance dans les airs, pépiant des tirs.

* Tranformé en vilain « Ando Ageanesis » dans la notice, et carrément en « Addor Guileness » dans le livre officiel.

Solvalou, en voilà un nom bien français ! C'est parce que ce vaisseau spatial a été conçu et fabriqué en Poitou-Charentes, dans le Val-du-Loup, à la ferme de monsieur René Roubignol. C'est un vaisseau du terroir, fait avec un lait de vaches charentaises. Monsieur Roubignol, quel effet cela vous fait de voir Solvalou dans Xevious ? « Oh ben c'est-y qu'ça me fait rudement plaisir ! » Comme quoi, nos régions ont du talent, même quand il s'agit de vaincre les envahisseurs.

D'un point de vue plus prosaïque, Xevious est un shoot'em up vertical qui a l'air assez banal de nos jours. Notre malheureux vaisseau reste le même du début à la fin, il n'a qu'un seul tir, aucun power-up. Pourtant, en prenant le jeu en mains, on se sent plus proche de nos shoot'em ups « modernes » comme Raiden ou Aleste que des ancêtres Space Invaders et Galaga.

Un paysage défile en permanence, emporté par le scrolling. Des vagues d'ennemis nous harcèlent, moucherons grisâtres, se démarquant néanmoins les uns des autres par leurs formes et une technique propre, fluide, dans laquelle on observe déjà beaucoup d'inventivité. Les tirs sont nombreux, denses et vicieux. Des sections divisent le trajet, avec des bases au bout de chacune, et plus loin un boss, toujours le même, Andor Genesis. On est en terrain plat mais en terrain connu.

Le terrain, parlons-en. S'il est minimaliste de gameplay, Xevious offre tout de même un système de tir ambivalent air-air et air-sol qui devance Twin Bee. Une cible est en permanence placée devant nous, à quelques dizaines de pixelmètres (une nouvelle unité). Elle indique le point d'impact au sol de nos petites bombes. Sur le plancher des vaches, les ennemis se composent de carrés et de chars pacifistes et de ronds et d'octogones belliqueux, mais il vaut mieux que tous périssent.

D'abord parce que ça rapporte plus de points, et les points ça rapporte des vies, mais aussi parce que l'un d'eux, « Solbak », contrôle la puissance de feu adverse. C'est en tout cas ce que prétend la notice. Une chose est sûre, les parties se suivent et... ne se ressemblent jamais tout à fait. C'est l'un des atouts majeurs de Xevious, qui compense la simplicité de sa présentation : si la disposition des ennemis au sol est fixe, celle dans les airs varie subtilement.

Une nuée de missiles teigneux décide soudain de nous rendre visite, des vaisseaux grenades nous bombardent à l'improviste. Solbak est-il vraiment responsable de ces variations ? On a surtout l'impression que les attaques fourbes et imprévisibles se multiplient dès que l'on s'en sort un peu trop bien. C'est que l'invitation à mourir est moins désagréable que dans d'autres shoot'em ups. En effet, si l'on a traversé 70% de la section en cours on moment de notre défaite, on recommence directement à la suivante. Sympa !

Namco peut se permettre ce cadeau vu la longueur et la difficulté du jeu. Il n'y a pas de fin bien sûr, c'est une boucle, mais la fin de la boucle est loin devant, après plusieurs Andor Genesis, que l'on a déjà du mal à rencontrer une seconde fois. Monsieur Roubignol nous excusera, mais il faut bien avouer que Solvalou est un peu un tacot. Il se traîne, surtout en reculant où l'on a l'impression de lutter contre le scrolling. Pas facile, dans ces conditions, d'éviter le déluge de tirs.

Cependant, mourir a aussi un autre avantage : cela interrompt brièvement la « musique ». Les guillemets sont de rigueur, on ne peut pas appeler ça sérieusement de la musique, cent mille compositeurs se retourneraient dans leurs tombes. C'est juste un bip trépidant, répété à l'infini, comme une sonnerie de réveille-matin qui nous suivrait toute la journée. Et il est hors de question de couper le son du téléviseur, on ne peut pas se passer des détonations indicatrices de la bombe.

Hormis ces fausses notes, on s'étonne de découvrir un vrai plaisir dans Xevious, supérieur à 1942 de Capcom, pourtant plus avancé. Le décor toujours changeant, sans facilité, sans grandes zones vides, est une raison à cet avantage. La précision de la jouabilité et en particulier dans les attaques au sol, auxquelles on devient dévoué comme un vrai bombardier, en est une seconde. Les menues variations à chaque partie, la difficulté relevée mais malgré tout bien dosée, progressive, les nouveaux ennemis tardifs, en sont encore d'autres.

Pour conclure, rendons la parole à Monsieur Roubignol, exploitant agricole, mais également directeur des usines d'armement thermo-nucléaire Florichon :

« Nos Solvalous sont faits avec amour. Préparés à la main selon une recette traditionnelle, nous n'utilisons que des ingrédients du pays. La croûte est savoureuse, le coeur tendre et crémeux. Solvalou, un délice bien de chez nous, qui fait la terreur des extra-terrestres hostiles depuis 1982. »

Xevious est un titre modeste mais qui n'a pas si mal vieilli, lui qui approche de ses 40 ans. Il ne réussira sans doute pas à vous convertir si vous êtes allergique aux très vieux jeux, mais ses chances sont quand même meileures que ses contemporains. Essayez-le ! La NES Classic Mini aurait été mieux servie par lui que par le fatigant Pac-Man, par exemple. Cela ne veut pas dire qu'il n'a pas eu droit à des suites et remakes, dont un Super Xevious pour Famicom et un Xevious enrichi pour PC Engine, mais sur nos consoles classiques, c'est tout. Il n'aura pas embêté les 16 bits avec un gameplay dépassé, il sera resté à sa place. Retenue dont ni la boule jaune, ni le tout premier des envahisseurs n'auront fait preuve.

Xevious : Deep Impact

Vous vous demandez peut-être pourquoi Bandai a pris la peine de sortir un jeu aussi vétuste sur NES en France en 1989, et pourquoi il continue d'apparaître ici et là, par exemple dans les NES Classics de 2004 et en jeu caché dans Starfox Assault sur GameCube. C'est qu'au Japon, Xevious fut à la fois une petite révolution et un grand succès, en arcade bien sûr, où il s'éloignait radicalement des jeux de tir vus jusqu'ici, mais aussi sur la Famicom de Nintendo.

Il fait partie du club des millionnaires, des cartouches Famicom à s'être vendues à plus d'un million d'exemplaires (1,26 million). Le jeu d'arcade avait moins de deux ans alors, son arrivée sur Famicom impressionna, ce fut l'un des premiers grands hits de la console. Un menu caché (voir astuces ci-contre), trouvé neuf mois après sa sortie, fit sensation. Le magazine qui dévoilait son existence écoula tous ses numéros en un temps record. Les choses cachées enflammaient l'imagination des joueurs à cette époque et devint un des principes fondamentaux des jeux NES.

Masanobu Endō, le créateur de Xevious, qui avait passé beaucoup de temps à sa conception, publia en 1991 un « roman Xevious », un livre illustré de 258 pages rempli d'informations sur cette modeste saga pour tenter (un peu en vain) d'en faire une grande fresque de science-fiction. L'ouvrage a été réédité en 2005 par Fukkan.

Une langue imaginaire avait même été développée pour l'occasion. On y apprend par exemple que Solvalou, loin d'avoir des origines fromagères, signifie « oiseau du soleil ». La réalité derrière le nom Xevious est moins poétique : tous les projets de Namco portaient un nom de code V suivi d'un numéro, le sien était V10, qui a été caché dans son nom, XEV10US.

le 12 avril 2019
par sanjuro



Bibliographie
Si vous n'avez pas peur des grands mots, voici également un article qui pourrait vous intéresser, publié dans la revue universitaire canadienne Kinephanos :

The Game Freaks Who Play With Bugs – In Praise of the Video Game Xevious de Shin’ichi Nakazawa, publié originellement en 1984 dans le magazine de philosophie Gendai Shisou, et traduit ici en anglais en 2015 par des étudiants de l'université d'Alberta.

Il s'agit d'une analyse ethnographique sur l'interaction des gens avec le jeu, avec un long préambule des traducteurs. C'est très bavard, pas facile d'accès, mais aussi informatif, peut-être instructif. A réserver quand même aux joueurs-intellos.


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